Climatologie
La circulation atmosphérique
L'équateur reçoit bien plus d'énergie solaire qu'il n'en réémet, les pôles l'inverse. Pour combler ce déséquilibre, l'atmosphère et l'océan transportent en permanence la chaleur vers les hautes latitudes : c'est la circulation générale.
Un moteur : le déséquilibre solaire
Sous les tropiques, le Soleil frappe presque à la verticale ; aux pôles, ses rayons rasants s'étalent sur de grandes surfaces et traversent davantage d'atmosphère. Le bilan radiatif est excédentaire aux basses latitudes, déficitaire aux hautes : sans transport de chaleur, l'équateur ne cesserait de chauffer et les pôles de refroidir.
Ce transport, l'atmosphère en assure la plus grande part aux latitudes moyennes, l'océan complétant le travail. Il s'organise, dans chaque hémisphère, en trois grandes cellules découvertes progressivement depuis George Hadley au XVIIIᵉ siècle.
Trois cellules par hémisphère
La cellule de Hadley domine les tropiques : l'air surchauffé s'élève à la zone de convergence intertropicale (ZCIT), ceinture d'orages qui suit le Soleil au fil des saisons, circule en altitude vers les tropiques puis redescend vers 30° de latitude. Cette subsidence assèche l'air : c'est elle qui dessine la ceinture des grands déserts, du Sahara à l'Australie. En surface, le retour de l'air vers l'équateur, dévié par la force de Coriolis, forme les alizés.
Entre 30 et 60°, la cellule de Ferrel, indirecte, accompagne les vents d'ouest et le défilé des perturbations ; au-delà de 60°, la cellule polaire boucle le système. Aux frontières de ces cellules filent les courants-jets — subtropical et polaire — véritables autoroutes d'altitude qui guident les dépressions et structurent le temps de nos latitudes.
Quand la machine ondule
Le courant-jet polaire ne suit presque jamais un cercle parfait : il ondule en grands méandres, les ondes de Rossby. Selon leur position, ils dirigent l'air polaire vers le sud ou l'air subtropical vers le nord, et lorsqu'une ondulation se fige — un blocage —, la même météo peut s'installer des semaines : canicule sous un anticyclone immobile, ou pluies à répétition sous un thalweg persistant.
La circulation générale bat aussi au rythme des saisons : la ZCIT migre de part et d'autre de l'équateur, entraînant les moussons qui font vivre des milliards de personnes. Comprendre cette mécanique, c'est comprendre l'ossature du climat mondial.
Sources : Organisation météorologique mondiale (OMM) · Météo-France · NOAA / National Weather Service