Météorologie

Les fronts et les perturbations

Le temps des latitudes tempérées est une affaire de frontières : celles qui séparent les masses d'air. Le modèle qui les décrit, forgé à Bergen vers 1920, structure encore les cartes météo d'aujourd'hui.

DéplacementAir froidAir chaudAir froidFront froidFront chaudCumulonimbus — averses, oragesNimbostratus — pluies continuesCirrusCoupe verticale d’une perturbation
Coupe verticale d'une perturbation : le front froid, raide, soulève brutalement l'air chaud ; le front chaud, en pente douce, l'étale en nuages stratifiés.

Masses d'air et lignes de front

Une masse d'air est un volume d'atmosphère aux propriétés homogènes, héritées de la région où il a séjourné : air polaire froid et sec, air tropical chaud et humide. La surface de contact entre deux masses d'air est un front — un terme choisi par l'école norvégienne de météorologie, par analogie avec les lignes de front de la Première Guerre mondiale.

Sur les cartes, le front froid se dessine en bleu avec des triangles, le front chaud en rouge avec des demi-cercles, pointés dans le sens du déplacement. C'est le long du front polaire, qui sépare air polaire et air tropical, que naissent la plupart des dépressions de nos latitudes.

Front chaud, front froid

Au passage d'un front chaud, l'air doux monte en pente très douce — de l'ordre de 1 pour 200 — au-dessus de l'air froid qui le précède. Résultat : une séquence nuageuse annonciatrice qui s'épaissit sur 12 à 24 heures, cirrus, cirrostratus, altostratus puis nimbostratus, et des pluies continues et modérées.

Le front froid, lui, avance plus vite — souvent 30 à 50 km/h contre 15 à 25 pour le front chaud — et sa pente est raide. L'air froid soulève brutalement l'air chaud : cumulonimbus, averses soutenues, parfois orages et fortes rafales, puis une chute nette de la température et une rotation du vent. Quand le front froid rattrape le front chaud, la perturbation s'occlut et entame son déclin.

La vie d'une dépression

Tout commence par une ondulation du front polaire, souvent dynamisée par le courant-jet en altitude. L'ondulation s'enroule, la pression chute au centre, le secteur chaud se referme progressivement : c'est la cyclogenèse. En deux à cinq jours, la dépression naît, mûrit, s'occlut et se comble, tout en parcourant des milliers de kilomètres d'ouest en est.

Ces trains de perturbations, qui circulent sur le rail des dépressions atlantique ou pacifique, expliquent l'alternance si caractéristique du temps tempéré : ciel qui se voile, pluie, éclaircies traversées d'averses, puis accalmie — avant la perturbation suivante.

Sources : Organisation météorologique mondiale (OMM) · Météo-France · NOAA / National Weather Service