Météorologie

Le vent

Le vent n'est que la réponse de l'air aux différences de pression — elles-mêmes filles du chauffage inégal de la planète. Mais entre la brise de mer et la rafale à 408 km/h, la gamme est immense.

992100010081016DIsobares (hPa)Force du gradient de pressionForce de CoriolisVent résultantRotation anti-horaire autour des dépressionsNaissance du vent autour d’une dépression (hémisphère nord)
Autour d'une dépression de l'hémisphère nord, l'équilibre entre force de pression et force de Coriolis enroule le vent en spirale anti-horaire.

Pourquoi l'air se met en mouvement

Tout part d'un déséquilibre : le Soleil chauffe davantage l'équateur que les pôles, la terre plus vite que la mer. Ces contrastes créent des différences de pression, et l'air s'écoule des hautes vers les basses pressions sous l'effet de la force du gradient de pression : plus les isobares sont serrées sur la carte, plus le vent est fort.

La rotation de la Terre complique le trajet : la force de Coriolis dévie le vent vers la droite dans l'hémisphère nord, vers la gauche au sud. En altitude, l'équilibre entre les deux forces fait souffler le vent parallèlement aux isobares ; près du sol, le frottement le fait converger en spirale vers les dépressions. D'où la règle de Buys-Ballot : dos au vent, dans l'hémisphère nord, la dépression est à votre gauche.

Des vents à toutes les échelles

À l'échelle planétaire soufflent les alizés des tropiques et les vents d'ouest de nos latitudes, encadrés par les courants-jets qui filent à 9-12 km d'altitude, parfois à plus de 300 km/h. À l'échelle régionale règnent les vents à caractère local : mistral et tramontane accélérés par les vallées françaises, foehn réchauffé sous le vent des reliefs, chinook des Rocheuses, moussons saisonnières.

À l'échelle locale enfin, les brises de mer et de terre s'inversent entre le jour et la nuit, les brises de pente animent les vallées de montagne, et les orages projettent leurs propres rafales descendantes, parfois destructrices.

Mesurer et classer

La norme de l'OMM place l'anémomètre à 10 mètres au-dessus d'un terrain dégagé et distingue le vent moyen, calculé sur 10 minutes, des rafales instantanées. L'échelle de Beaufort, créée en 1805, traduit la force du vent en 13 degrés, de 0 (calme) à 12 (ouragan, à partir de 118 km/h).

Les records donnent le vertige : 408 km/h en rafale à Barrow Island (Australie) lors du passage du cyclone Olivia en 1996 — record mondial homologué par l'OMM — et 372 km/h au sommet du mont Washington (États-Unis) en 1934, record hors cyclone tropical. Les vents des tornades les plus violentes, estimés d'après les dégâts, dépassent encore ces valeurs.

Sources : Organisation météorologique mondiale (OMM) · Météo-France · NOAA / National Weather Service